De nouvelles rencontres en perspective
Depuis 2024, le personnel du Département argovien de la construction, des transports et de l’environnement (BVU) peut effectuer un stage transfaire au titre de la formation continue. Une quinzaine de personnes ont participé à l’un de ces stages dès leur mise en place au BVU, dont Sandro Messner. Le BVU a rédigé un rapport de stage que transfaire est autorisé à utiliser.
Sandro Messner travaille au service juridique du Département de la construction, des transports et de l’environnement depuis douze ans. «Avec le temps, la routine s’installe: on a une certaine vision des choses, on pense savoir ce qu’elles sont, et on ne remet pas vraiment en question sa façon de voir,» explique Sandro. Il a découvert le programme transfaire sur le site intranet du Département. Ce programme offre au personnel la possibilité d’effectuer un stage d’une semaine dans un domaine professionnel différent du leur.
Sandro a eu envie de quitter le confort de son bureau et de s’enrichir de nouvelles impressions ailleurs. «J’aime faire la cuisine. J’ai donc pensé qu’un genre de soupe populaire me conviendrait», raconte-t-il. Mais cela ne faisait pas partie de l’offre proposée par transfaire, qui organise au préalable un entretien avec les personnes intéressées par un stage, pour parler des objectifs, des lieux de stage souhaités et des domaines d’intervention possibles.
Sandro a finalement opté pour un stage à la Sonnhalde Gempen, une institution sociale. Les tâches y sont nombreuses et variées. Sandro a aidé et accompagné les membres d’une unité de résidence collective, entre autres dans leur travail à la ferme. Il explique qu’auparavant, il n’avait guère eu de contact avec des personnes handicapées. «J’avais quelques appréhensions avant mon stage. Je ne savais pas à quoi m’attendre». Sandro a donc atteint l’un des objectifs du programme transfaire: l’immersion dans un autre univers. Il raconte:
Finalement, ça a été très facile. Mes craintes se sont avérées infondées. Mes contacts avec les personnes de la Sonnhalde ont été spontanés, sans artifice, et je me suis tout de suite senti le bienvenu – c’était vraiment génial!
Les tâches et les activités ont été aussi variées que les rencontres: cuisine, ménage, jardinage, agriculture – toujours en compagnie de membres de «son» groupe résidentiel. Le contact est différent selon le handicap. Il faut être capable de l’accepter et d’adapter la tâche à la personne. Sandro explique:
La communication diffère de celle du bureau, où je peux d’ailleurs très bien accomplir mes tâches seul. À la Sonnhalde, je devais percevoir l’état d’esprit des personnes et réagir en conséquence.
Ces rencontres permettent également de mettre en évidence ses préjugés: lors d’une conversation avec une personne autiste présentant un déficit verbal – aidée par un ordinateur portable –, Sandro parle de sa vie professionnelle. Il demande à la personne si elle sait ce qu’est un juriste. La réponse fuse: «Oui, bien sûr, je ne suis pas stupide».
Que reste-t-il à Sandro de son stage? Il a trouvé que ce stage était trop court et qu’une semaine n’était pas suffisante. Il aurait aimé que cela dure plus longtemps. Certes, les images et les expériences vécues demeurent. Mais suffisent-elles pour éliminer les préjugés à long terme? Sandro résume en utilisant une image:
Une porte s’ouvre sur un nouvel espace, mais il faut y retourner de temps en temps et entretenir ces nouveaux locaux. Alors, le bénéfice du stage perdure.
Sandro recommande vivement les stages transfaire – à condition que les personnes intéressées soient motivées. «Je trouve formidable que le Département de la construction, des transports et de l’environnement les propose», affirme-t-il. Car il ne s’agit pas d’une formation continue spécifique qui apporte quelque chose de concret, mais d’une formation qui n’a pas d’utilité directe pour l’employeur.
Pour Sandro, cette semaine à la Sonnhalde ne restera probablement pas son seul stage transfaire. Il envisage même de travailler à temps partiel dans cette institution une fois qu’il sera à la retraite. Il se rendra sans aucun doute à la Fête d’été et se réjouit de revoir toutes les personnes qu’il avait rencontrées.